Qui pour faire face à Macky Sall ?

Qui pour faire face à Macky Sall ?

 

En 2012, les manisfestations de la société civile et des partis politiques d’opposition ont permis à Macky Sall d’être élu Président de la République. Pour rappel,  le leader de la Coalition Macky 2012 avait obtenu au premier tour   26,19% . Il sera suivi respectivement de :

  • Moustapha Niasse 13,20%
  • Ousmane Tanor Dieng 11,30%
  • Idrissa Seck 7,86%
  • Cheikh Bamba Dieye 1,93%
  • Ibrahima Fall 1,81%

Un vaste ralliement de ces candidats recalés lui a permis d’obtenir 65,80% au second tour et de devenir le 4ème Président de la République du Sénégal.

Dès l’entame de son mandat, il annonça la fin des partis politiques traditionnels sénégalais “ je réduirai l’opposition à sa plus simple expression”. Aujourd’hui, à moins de 6 mois de l’election presidentielle, il semblerait que cette promesse du Président Macky Sall  est tenue, eu égard à la réalité politique au Sénégal. Qu’advient il de ces ténors qui ont portés Macky Sall au pouvoir ?

Moustapha Niasse

Il a été le premier à déclarer que son parti ,l’Alliance des Forces du Progrès (AFP)  ne présenterait pas de candidat à la  prochaine élection présidentielle, qui , faut il le rappeler  devait se tenir en 2017 suite à une promesse, non tenue,  du Président Sall de réduire son mandat de 7 à 5 ans.

Cette décision a provoqué la  scission et la sortie de son numéro 2 qui est aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle de 2019.

Du haut de son perchoir à l’Assemblée nationale, auréolé de sa couronne de Président, Moustapha Niasse  ne tolérera aucune note discordante de ces partisans. Ces lieutenants occupent des places de choix dans l’appareil d’Etat.

Pour renouveler son ancrage à la coalition Benno Bokk Yaakar (BBY), le Président Niasse a déclaré dans une de ces sortie:

«L’Afp ne saurait accepter qu’un club circonstanciel de frustrés, de haineux et d’incompétents avérés s’emploient à déstabiliser le pays qui a été pris, pendant douze années, dans l’étau d’une gouvernance malsaine et populiste avec toutes les conséquences engendrées aux plans  économique, social et culturel ».

Il faut croire que “ce capitaine intrépide de Benno” (Macky Sall) a su faire échouer le bateau de l’AFP.

Ousmane Tanor Dieng

Secrétaire général du Parti Socialiste depuis la perte du pouvoir en 2000, Ousmane Tanor Dieng est le chef des verts de Colobane.

Présent sur la scène politique sénégalaise depuis 1948 date de la création du Bloc Démocratique Sénégalais (BDS) par Léopold Sédar Senghor, il devient Parti Socialiste en 1976 en passant par l’UPS et le BPS.  Ce parti a dessiné les contours de la république du Sénégal de 1960 à la chute d’Abdou Diouf  en 2000. Il a aussi présenté un candidat à toutes les élections présidentielles du Sénégal. Il faut l’avouer depuis la chute du régime socialiste en 2000 on note une baisse considérable de l’électorat socialiste. Pour la première fois, ce parti a décidé de ne pas présenter de candidat à une élection présidentielle pour soutenir  le président sortant ,Macky Sall ,Président de l’APR ,candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar. Cette absence inédite ne pourrait elle pas être associée au recasement de son secrétaire général Ousmane Tanor Dieng à la présidence de la toute nouvelle chambre : le Haut Conseil des Collectivités Territoriales?

Idrissa Seck

Il est resté  constant.  Les lieutenants  du président du Parti Rewmi avaient intégré le premier gouvernement mis en place  par Macky Sall, concouru aux législatives sous la bannière de la coalition BBY. Mais les péripéties de la vie politique combinées aux délices du pouvoir ont coûté à Rewmi la défection de plusieurs de ses ténors, qui ont préféré leur strapontin à leur conviction.  Sa candidature pour la  prochaine élection est déclarée et il reste un des plus sérieux challenger du régime en place.

Les fils prodigues  

Karim Wade

Fils de l’ancien président de la république du Sénégal, aujourd’hui exilé au Qatar après un passage à la célèbre prison de Reubeuss où son père a fait moults séjours,il est investi  candidat du Parti Démocratique Sénégalais (PDS).

Nul ne peut dire précisément les raisons de son exil mais son absence prolongée commence à décimer les rangs du PDS.

Un des fidèles lieutenants d’Abdoulaye Wade, Me Madicke Niang est accusé par ce dernier d’être l’instigateur d’une pétition au sein du parti pour le choix d’un autre candidat si jamais le fils prodigue ne peut rejoindre la terre de ses ancêtres. Cette semaine a été émaillée d’échanges épistolaires entre le pape du Sopi (Abdoulaye Wade) et Me Madicke Niang. 

Dans une lettre envoyée à la presse, Abdoulaye Wade réitère que le PDS n’a pas de plan B et que Karim Wade reste le seul candidat qui compétira sous la bannière dudit parti.

La bataille de succession s’annonce rude comme cela est souvent le cas dans les partis politiques africains et une fin à la  Habib Bourguiba est prédite par bons nombres de politologues. Ce parti est fortement affaibli par les multiples transhumances et l’absence prolongée du candidat déclaré.

Khalifa Sall

Ce dernier est depuis 18 mois dans les liens de la  détention. Il n’est plus à prouver que ce procès est politique, et la justice sénégalaise prend un sacré coup à la lecture des différentes décisions, mais surtout par le non respect de l’arrêt rendu par la Cour de Justice  de la CEDEAO, et dont la conséquence juridique était la libération immédiate du maire de Dakar.

La dernier coup porté par le Président de la République est le décret de révocation qui destitue Khalifa Sall de sa qualité de Maire de Dakar.

Il est cité comme le digne héritier du PS ayant fait toutes ses armes dans ce parti. Il a  résisté à la tentation de la transhumance , à la perte du pouvoir et a maintenu le bateau à flot en accompagnant le secrétaire général.

Aujourd’hui, il est le fils banni, renvoyé par ses pairs pour avoir refusé de briguer un second mandat à la tête de la ville de Dakar sous la bannière de la coalition BBY.

Malick Gakou

Lui aussi ancien  numéro deux, il avait choisi de quitter le PS et  d’accompagner Moustapha Niasse lors de la création de l’AFP. Sa sortie fracassante du Gouvernement a acté la fin de son compagnonnage avec son mentor Moustapha Niasse. Aujourd’hui il semblerait être prêt à briguer le suffrage des sénégalais.

Ces nouveaux visages de la classe politique sénégalaise

Ousmane Sonko

Cet ancien fonctionnaire de l’État du Sénégal aujourd’hui député du peuple semble être prêt à mener la bataille. Il est  qualifié par un internaute sénégalais Brice Dier Koue comme tel :

1- Il a du punch et de l’audace: ces deux éléments sont aujourd’hui nécessaires pour bouleverser les codes
2-Il porte un DISCOURS révolutionnaire et évolutionniste : à l’heure actuelle, le Sénégal en a besoin
3- Il relève le niveau du débat politique : au moins un peu de matière dans le débat maintenant. On s’aventure même à parler de chiffres. Avant, on ne parlait que des personnes.
4- Il semble courageux sans être « suicidaire » en évitant au mieux les affirmations gratuites
5- Il produit: un politique qui écrit, anime les discussions, ça faisait longtemps
6- Il est jeune et intelligent
7- Il pousse les autres à être transparents en paraissant lui-même transparent
8- Même physiquement (look et allure), il colle à la jeunesse Sénégalaise
9- Il a servi l’administration et apparemment est resté « clean » tout au long de son exercice
10-Il change la manière de faire la politique.

 

Les anciens premiers ministres à l’assaut du pouvoir

Aguibou Soumaré, Abdoul Mbaye, tous deux premier ministre l’un de Wade l’autre de Macky Sall. ils ont occupé la plus haute sphère gouvernementale de ce pays, sont au fait de beaucoup de dossiers et aujourd’hui vont à l’assaut du pouvoir.

les amazones se déclarent

Elles sont au nombre de six à avoir fait une déclaration de candidature pour la prochaine élection. Certaines d’entres elles sont connues du monde politique et d’autres sont quasiment des parfaites inconnues du grand public. Mesdames Aissata Tall Sall, Aissatou Mbodji, Ndella Madior Diouf sont des femmes politiques aguerries, elles sont maires et députés pour les deux premières citées, ont occupé de hautes fonctions dans leur parti respectif avant de décider de tracer leur propre voie. 

Amsatou Sow Sidibé quant à elle, a participé à la précédente élection présidentielle avec le slogan “Car Lennen,” en espérant que pour cette deuxième tentative elle ne ferme pas la marche.

Mesdames Yacine Fall et Nafissatou Wade sont les grandes inconnues du grand public, ce dernier les découvre lors de leur déclaration de candidature.

Une pléthore de prétendants

Ils sont 87 à avoir retiré le formulaire de parrainage lors de la rencontre initiée par le Ministère de l’intérieur. Il faudra à ces derniers réunir au minimum 0,8% et au maximum 1% du fichier électoral réparti dans au moins 7 régions de l’intérieur du pays. A ce jour seul le Parti de l’unité et de Rassemblement (PUR), affirme avoir réuni le nombre de signature requis. Les autres candidats en sont encore aux déclarations d’intention. Les candidatures validées le seront 35  jours avant la date de l’élection prévue le 24 février 2019.

Le Sénégal en pleine campagne électorale

La campagne électorale pour la présidentielle de 2019 est lancée, 6 mois durant lesquelles, le gouvernement, l’administration et le service public battront au rythme du parrainage. Pour preuve, le lancement de la campagne de parrainage de la coalition au pouvoir où toute la République a été conviée, et a dansé au rythme des pas de danse du Président lui même.  Il en sera de même durant les 6 prochains mois pour entretenir l’espoir de garder son poste et prouver au chef que l’on est indispensable.

Ce processus électoral avec la nouvelle donne du parrainage est déjà épique, et les bases pour une campagne et une  élection présidentielle apaisée sont loin d’être assurées. En espérant que les aspirants au trône puissent faire preuve de maturité et de lucidité durant cette période, à ce jour nul ne peut y répondre : Qui est le challenger de Macky Sall ?Telle est la question.

Rendez vous au soir des élections

Auteurs principaux

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Anthony Masake

Different sides of the same coin. In 2018, someone in Washington DC may, in fact, be more informed about what's happening in Rwanda than a person in Rwanda or Uganda. It's about sources & connections, less about geographical location. @nbstv twitter.com/skaheru/…