LE CONSEIL NATIONAL DE SÉCURITÉ (CNS) SE PENCHE SUR LA QUESTION DU CHANGE DE DEVISES AU BURUNDI

LE CONSEIL NATIONAL DE SÉCURITÉ (CNS) SE PENCHE SUR LA QUESTION DU CHANGE DE DEVISES AU BURUNDI

Le Conseil national de sécurité (CNS) , via un communiqué lu sur certaines radios et TV au Burundi le weekend dernier , par le Général-Major Silas Ntigurirwa, son Secrétaire Permanent, a condamné la pratique des bureaux de change qui vendent les devises à des taux exorbitants en violation de la loi. Il a par ailleurs interpellé le Ministère des finances et la Banque de la République du Burundi pour redresser cette situation, car celle-ci menacerait l’économie du pays et donc la sécurité.

Inspiré par ce communiqué très salvateur pour pas mal de citoyens ordinaires burundais qui sont désespérément à la recherche des devises pour soit effectuer leurs petits commerces/importations, soit étudier ou aller se faire soigner à l’étranger, je reviens, en quelques lignes, sur ce sujet dans ce blog.

Les bureaux de change ne constituent pas un marché noir.

Beaucoup de burundais usent le terme « marché noir » à tort quand ils parlent du marché des devises au Burundi. Ainsi, les bureaux de change ne sont pas un marché noir étant donné qu’ils sont légalement établis et doivent suivre certaines règles commerciales et bancaires ; car, par définition, d’après https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/marche-noir/ , le «marché noir » est un marché parallèle et illégal où le prix des biens est souvent plus élevé que sur le marché principal.
Alors, beaucoup se demandent pourquoi le prix de devises dans ces bureaux est extrêmement élevé par rapport aux taux officiels de change fourni par la Banque centrale. L’exemple le plus frappant est celui d’un dollar américain dont le prix à la Banque centrale(BRB) oscille entre 1750 BIF et 1850 BIF mais que les bureaux de change vendent actuellement à plus de 3000 BIF.
On pourrait le comprendre si la différence était de 100 à 500 BIF mais quand la différence commence à atteindre 100 % par rapport au taux de la Banque centrale, beaucoup de questionnements commencent à naitre.

Un ami spécialiste des relations internationales et coopération économique que j’ai pu contacter pour bien m’imprégner de la question m’a dit que la situation du marché du change des devises actuel au Burundi peut être acceptable ; il a ajouté que de tels cas peuvent exister même ailleurs. Pour reprendre littéralement ses mots, il m’a dit : « Cela est normal et est officiel au niveau international, il y a des fois où il doit y avoir un taux de change officieux pour contrer les spéculateurs du marché parallèle. Les ennemis ont plusieurs armes, même la monnaie nationale, son cours de change peut être utilisé contre un pays. Par exemple, il a suffi 2 mois de manifestations à Bujumbura pour que les ennemis décident un taux exorbitant pour la monnaie burundaise, dans l’intention de la dévaluer. Et cela en utilisant un taux de change parallèle mais institutionnalisé. Par réponse, le Burundi doit avoir institutionnalisé son propre taux de change parallèle. [Si c’est le cas], c’est de bonne guerre ».

En conclusion, Il est évident que ce marché du change des devises est donc devenu un problème socioéconomique. Cependant, il existe un cadre réglementaire pour le change qui régit les bureaux de change. Curieusement, ce marché vend les devises à un taux différent de celui du change officiel et est florissant dans la capitale Bujumbura. Les questions que tout citoyen devrait se poser sont les suivantes : Les opérateurs de ce secteur s’approvisionnent où et comment ? Pourquoi ne sont-ils pas inquiétés quand ils l’affichent officiellement à 1750 BIF alors qu’ils la vendent à 3150 BIF ? Si cette situation était connue et officielle d’une manière ou d’une autre, pour combien de temps durerait-elle ? Dans tous les cas, lorsque les activités sont aussi intenses et de manière informelle dans le secteur des finances, on peut aussi estimer l’importance des flux financiers illicites que peut véhiculer l’activité.

Il est vrai que cette situation vient de durer au moins 4 ans, mais il n’est jamais trop tard pour agir. Agir en faveur du bas peuple, de ce peuple qui cultive le café, qui voudrait aller se faire soigner à Nairobi, ou qui voudrait envoyer son enfant pour étudier en Chine et dont l’obtention du billet vert devient énigmatique et casse-tête. Que les recommandations du CNS soient entendues dans les meilleurs délais.

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