Coronavirus en RDC : c’est parti pour une nouvelle descente aux enfers

Coronavirus en RDC : c’est parti pour une nouvelle descente aux enfers

Le pays de Tshisekedi est toujours champion en mauvais records. Nous sommes aujourd’hui l’une des nations d’Afrique subsaharienne qui compte le plus de morts dûs au coronavirus. 8 décès, plus de 80 cas et la courbe ascendante continue. Les épidémies c’est en passe de devenir notre spécialité congolaise. Ça vient, ça part, ça revient, ça en appelle d’autres…

À Kinshasa, ce fut d’abord un cas de covid-19 confirmé, puis démenti, puis reconfirmé. Ensuite, des mesures draconiennes ont été prises par le chef de l’Etat. Confinement dans la capitale. Isolement des provinces par rapport à Kinshasa. Pas de rassemblement de plus de 20 personnes. Fermeture des églises, écoles, universités, bars, restaurants… Pourtant, malgré toutes ces mesures, le nombre de cas confirmés ne cesse d’augmenter.

Covid-19, ce visiteur indésirable qui refuse de partir

Ce qui est plus inquiétant c’est qu’une épidémie peut venir en un jour, mais prendre des mois et même des années pour être éradiquée. C’est ce qui est arrivé avec Ebola en RDC. Aujourd’hui, avec 8 décès dûs au coronavirus en seulement moins d’un mois, je peux presque prédire que les  choses iront de mal en pis dans mon pays. C’est le sentiment qui anime tous les Congolais au vu des faiblesses de notre système de santé. Chez nous, les épidémies durent longtemps.

« On est entré dans le covid-19, mais on ne sait pas quand est-ce qu’on va en sortir. C’est donc une nouvelle descente aux enfers après le virus Ebola. Qu’avons-nous fait pour vivre ce calvaire ? », se demande une femme toute désespérée à Kinshasa.

L’arrivée du coronavirus et les mesures de confinement ont envoyé plusieurs Congolais au  chômage. En plus, elles ont entrainé non seulement la rareté sur les marchés, mais aussi de hausses vertigineuses des prix des denrées alimentaires et des biens de première nécessité. De petites entreprises sont en train de tomber en faillite les unes après les autres. Ce qui fait que si les gens ne peuvent pas mourir du coronavirus, ils mourront certainement de faim.

Confiner tout Kinshasa n’a pas résolu le problème

En isolant Kinshasa du reste des provinces, l’idée était d’empêcher que la maladie ne s’étende à l’ensemble du pays. Hélas, peine perdue ! Car aujourd’hui, le coronavirus touche déjà trois autres provinces : Ituri dans le Nord-Est, le Nord et le Sud-Kivu plus à l’Est. Et quand on parle de l’est du Congo, c’est une région où la situation est toujours difficile à gérer en raison de la forte présence des groupes armés.

À Mbujimayi au centre de la RDC, 19 personnes sont placées en quarantaine pour avoir reçu et logé une femme porteuse de coronavirus et qui est allée mourir de la maladie à Kinshasa. Et on se demande comment son cas n’avait pas pu être détecté à son arrivée et à son départ de l’aéroport de Mbujimayi. Un aéroport équipé d’un dispositif de caméras thermiques.

Et donc, beaucoup au Congo sont convaincus que les chiffres officiels sur la pandémie sont largement en deçà de la réalité. Il faudra du temps, beaucoup de temps, pour se relever de cette situation. J’ose espérer qu’il y ait plus de peur que de mal.

 

Legende photo: État des lieux au mercredi 1er avril 18h00 (GMT). Sources : OMS / AFP / Gouvernements et autorités sanitaires des pays concernés (https://infogram.com/nombre-de-cas-de-coronavirus-en-afrique-par-pays-1h7g6kv3v9j04oy)

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