Burundi : aucun cas de coronavirus à ce jour, vigilance tout de même !

Par Appolinaire Nishirimbere

Le COVID-19, cette pandémie de pneumonie à coronavirus qui risque de nous faire tomber de Charybde en Scylla. Je ne vais pas m’attarder à la définition du Coronavirus ou le COVID-19. Tout le monde le connait. Il est parmi nous. Il a déjà fait des morts et confiner des nations entières, il a frappé le monde quand personne ne s’y attendait. Ceux qui sont embrigadés par les veilles traditions vaines parlent de la fin de notre monde ; mais des pandémies plus graves que COVID-19 ont eu lieu dans l’histoire de l’humanité sauf que celle-ci aura sans doute été l’ennemi mondial commun après la deuxième grande guerre.

En effet, plusieurs pays ont mis en place des mesures restrictives comme la fermeture totale des frontières ou le confinement de la population pour essayer de stopper ou ralentir la propagation de ce virus ayant déjà fait 34 026 décès confirmés et plus de 724 201 cas confirmés au 30 mars 2020.

Le 18 mars, alors que l’Afrique connaissait peu de cas de coronavirus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a averti les pays africains pour se préparer au pire. « Le meilleur conseil à donner à l’Afrique est de se préparer au pire et de se préparer dès aujourd’hui », a-t-il déclaré. Au 29 mars, 11 jours après, 39 pays et 2 territoires africains étaient déjà touchés.

A ce jour, le Burundi reste l’un des pays de l’Afrique de l’est non encore contaminé avec 70 cas au Rwanda, 42 cas au Kenya , 33 cas en Ouganda , et 14 cas en Tanzanie . Le Burundi avait pris des mesures préventives dès l’annonce de cette pandémie. Par exemple, tous les passagers arrivant sur le territoire burundais en provenance des pays contaminés dès le 6 mars devraient être mis en quarantaine pendant 14 jours à l’Hôtel Source du Nil de Bujumbura. D’autres mesures comme la fermeture de l’Aéroport international Merchior Ndadaye pendant 7 jours ont suivi et prorogées le 27 mars pour une autre semaine. En plus de cela , les mesures d’hygiène ont été recommandées par le Ministère de la santé publique et de lutte contre le SIDA à savoir le dépistage, le lavage de mains à l’eau propre et au savon ou à l’eau chlorée ,appel à éviter au maximum de se serrer les mains et de s’embrasser même si cela est ancré dans les coutumes burundaises , la mise en garde des commerçants et les propriétaires des pharmaciens qui spéculent sur les produits de désinfection et de lavage de main, l’appel à l’utilisation responsable des medias sociaux pour éviter la désinformation, etc.

Outre les mesures d’hygiène et de sécurité, le Ministère de la santé publique et de lutte contre le Sida a multiplié et amplifié une campagne de sensibilisation à l’endroit du personnel médical et de la population. Ainsi, on remarque, devant toutes les boutiques et dans les marchés de la capitale économique Bujumbura, de petits réservoirs d’eau munis de savons pour le lavage de mains et les affiches de sensibilisation ainsi que les messages radiodiffusés appelant au strict respect des mesures prises pour juguler la pandémie.

Installation d’une fiche de sensibilisation par IngoMag

Bien que le Burundi n’ait aucun cas confirmé à ce jour, la menace reste réelle. La vigilance reste donc de mise. Des cas de suspicion ont été identifiés mais ont été tous testés négatifs, selon toujours les communiques du Ministère. Il est à noter que le Kira Hospital avait lancé une alerte de cas suspects que le Ministre a fini par prouver négatifs.

Pour le diagnostic et la prise en charge des cas, le Gouvernement du Burundi a équipé certains hôpitaux et centres dont le centre d’accueil à Mudugudu (https://youtu.be/PVnI_Nkv8sY ) et un laboratoire moderne de l’Institut national de santé publique (INSP).

Le ministre de la santé publique et de lutte contre le Sida parlant aux médias lors d’une visite guidée au laboratoire

Notre pays n’est pas encore touché et l’Afrique reste encore peu touchée par le Covid-19, même si le nombre de cas augmente rapidement. Mais, comme le dit le directeur général de l’OMS, ce continent qui semble mal préparé doit s’attendre au pire. La majorité de Burundais vivent du secteur informel, ou de très petites entreprises pour faire vivre les ménages au quotidien et dans les conditions d’hygiène pas si agréables. Il serait, par conséquent, pratiquement impossible de les confiner si le pire venait de s’abattre sur le Burundi. Dans de telles conditions socioéconomiques, même si le confinement s’est avéré être la meilleure mesure pour juguler la pandémie du Coronavirus, il faudra l’adapter aux réalités de chaque pays. Le copier- coller est très dangereux pour les pays africains dont les citoyens vivent du secteur informel.

Il est à noter en effet que malgré les mesures d’hygiène strictes prises, dans les transports en commun au Burundi – comme dans de nombreux autres d’Afrique –, bus, minibus et taxis collectifs, il s’avère impossible de respecter les consignes de sécurité (distance d’un mètre entre les personnes), et les meetings politiques continuent et ils vont continuer encore pour se préparer pour les échéances électorales prévues cette année.

Cependant, étant donné que l’Aéroport international est fermé, et si le Gouvernement du Burundi continue la sensibilisation et fait le minimum de tests requis, et si les Burundais se comportent bien et suivent scrupuleusement les directives du Ministère de la Santé publique, il y a une chance que nous ayons 0 cas de coronavirus jusqu’à la fin de la pandémie, car la plupart des cas connus sur le sol africain sont importés de l’étranger.

Parallèlement, outre les mesures de sécurité et d’hygiène déjà en place, le gouvernement du Burundi devrait penser à la mise en place d’un fonds d’urgence pour soutenir les plus vulnérables en cas de crise humanitaire due à la pandémie qui serait gérée par la Plateforme de prévention de risques et de gestion des catastrophes.

Dans tous les cas, j’ai le sentiment que nous tombons de Charybde en Scylla ; comme le disent les Anglais, « Out of the frying pan into the fire ». Il y avait déjà les effets de la crise financière mondiale de 2007-2008 qui faisait rétrécir l’aide destinée aux pays pauvres. Les répercussions financières seront plus graves pour les pays en voie de développement comme le Burundi que la pandémie. Ce dernier devrait s’y préparer en conséquence en mettant en place des mécanismes de recours pour continuer de faire tourner l’économie nationale, cette pandémie ayant entraîné des restrictions de voyage et des blocages à l’échelle nationale dans plusieurs pays, mettant ainsi à terre même les économies mondiales les plus prospères.

 

Photo à la une : Le Chef du Protocole d’État adoptant les mesures d’hygiène lors d’un match de football

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