Au Tchad, les diplômés recherchent l’intégration à la fonction publique à leurs risques et périls

Par Annadjib
Suspendue en 2016 par le gouvernement de la république du Tchad, pour raisons économiques, l’intégration à la fonction publique va reprendre en 2020 avec le recrutement de 20.000 jeunes, selon les propos du président de la république.

L’annonce du président fit souffler un léger vent d’espoir à tous ces jeunes diplômés qui, depuis 3 ans, fatigués par le chômage et les recherches d’emploi infructueuses sont plongés dans une profonde léthargie. Pour beaucoup d’entre eux, 2020 ce sera coûte que coûte « destination fonction publique ».

Authentifier les diplômes et préparer les dossiers

Dans la cour de l’Office National des Examens et Concours du Supérieur (ONECS), près d’une centaine de personnes, serrées les unes contre les autres, sous un soleil de plomb, forment une interminable queue. Les détenteurs de diplômes arriventtrès tôt et rentrent parfois tard pour déposer ou retirer leurs diplômes au service d’authentification de l’ONECS. Une authentification qui prend parfois des semaines pour ceux qui n’ont pas le courage de patienter. Bien que le recrutement à la fonction publique est prévu pour 2020, il est déjà possible d’effectuer le dépôt des dossiers, la cour de l’ONECS ne désempli donc pas de monde, il faut avoir de l’avance car on ne sait jamais.

Du côté du palais de justice, cliniques et gouvernorat de la ville de N’Djaména, lieux où l’on délivre le casier judiciaire, certificat médical, certificat de nationalité et engagement décennal, des attroupements ont lieu toute la journée. Pour espérer finir vite ces étapes, il faut parfois passer par des intermédiaires qui surfacturent les dossiers en échange de leur délivrance « express ».

Après un tour rapide chez les notaires pour les dernières authentifications et finaliser les dossiers, la plupart des personnes ne déposent pas directement leurs dossiers à la fonction publique. Ils cherchent des « réseaux » sûr pour décrocher le précieux sésame.

Chercher des « réseaux » à ses risques et périls

Les portes de la fonction publique tchadienne étant difficiles d’accès et la demande grande, on entend parler depuis des années de différents « réseaux » qui, contre de grosses sommes d’argents peuvent ouvrir les portes de la fonction publique à qui le souhaite. Les modes de fonctionnement de ses différents réseaux sont quasiment les mêmes. Une fois l’intermédiaire trouvé, il faut s’entendre sur le prix « d’achat » de cette intégration à la fonction publique, choisir le ministère et payer la moitié de la somme, le reste sera finalement payé si l’opération réussie.

Bien que cette méthode n’est rien de moins que de la corruption, les réseaux ont encore de beaux jours devant eux, car ils produisent la plupart du temps les résultats escomptés.

Les dossiers déposés de manière légale à la fonction publique ont de fortes chances de disparaitre ou de se perdre. Cela expliquant le passage par les réseaux comme premier choix pour ceux ayant des moyens.

Dans un pays où pour avoir accès à quelque chose, il faut soit connaitre quelqu’un, soit corrompre, il est normal que beaucoup voient le salut dans ces méthodes peu louables, et prennent le risque de tomber sur des réseaux d’escrocs parfois intraçables.

En attendant, les murs de la fonction publiques, sur lesquels sont scotchés des papiers où il est écrit « les dossiers mains-à-mains sont formellement interdits » sont le reflet d’une naïvetéinsoutenable des autorités.

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