Dialogue interreligieux : le Sénégal un bon élève

Dialogue interreligieux : le Sénégal un bon élève

Dieu est amour donc pourquoi une violence en Son Nom ?

Le colloque  » Prévenir les extrémismes, par le dialogue et la solidarité : le cas du Sénégal » s’inscrit dans la continuité des initiatives prises par la Fondation Konrad Adenauer sur le dialogue interreligieux et interculturel.

Cette rencontre a été un moment de dialogue, d’échange et de sensibilisation des acteurs de divers horizons du Sénégal. Ayant été acteur, nous partageons à travers ce texte les leçons tirées de la rencontre.

État des lieux

Ce siècle est marqué dans le monde par des tensions géopolitiques. La religion est souvent le prétexte de guerres et d’actes de violence alors que souvent les raisons sont toutes autres. L’Afrique n’est pas épargnée et la zone du sahel est une des plus sensible.

Le Sénégal apparaît dans la situation actuelle de la zone comme un havre de paix. Il est vrai que ce pays a une réputation de dialogue permanent entre les différentes religions. Cette réputation lui est enviée, mais il est tout aussi important de maintenir ces acquis, dans un contexte où beaucoup de jeunes sénégalais ont été signalés dans les rangs de l’État islamique en Libye. 

Son excellence Monseigneur Louis Montemayor décrivait Le Sénégal pays de la Téranga comme un pays avec une      « expérience d’une relation équilibrée de respect de la liberté d’expression et de religion qui puisse être source d’inspiration pour d’autres pays de la sous-région et du monde ».

Pour l’ambassadeur d’Israël au Sénégal, « les pays stables doivent travailler ensemble pour exporter la stabilité parce que l’alternative est d’importer l’instabilité”. Quelles sont les approches consolidantes, les modèles à suivre pour maintenir la cohésion entre les différentes composantes religieuses de ce pays ?

Nous essaierons à travers ce texte de partager l’essence de ces deux jours de colloque.

 

Approches Consolidantes

 

Parenté à plaisanterie

Cette approche a été revisitée par le Dr Raphaël Ndiaye directeur de la fondation Léopold Sedar Senghor. Ce modèle fort présent en Afrique de l’Ouest est une pratique sociale qui à travers la plaisanterie permet de promouvoir la fraternité, la solidarité mais aussi la convivialité. Les angles d’attaques sont différents selon les cultures. Ce modèle fort présent en Afrique de l’Ouest est une pratique sociale qui à travers la plaisanterie permet de promouvoir la fraternité, la solidarité, mais aussi la convivialité. Elle implique que ses membres doivent s’aimer et se porter mutuellement assistance si nécessaire à travers un pacte scellé soit par le sang, la cola, ou autres. La finalité de ce pacte est que tous ceux qui s’y engagent savent que tous conflits devront se régler de manière pacifique.

Il serait important d’introduire les éléments du cousinage à plaisanterie dans le cursus scolaire pour renforcer cette approche plus que consolidante dont bénéficie notre pays, car il est primordial de garder à l’esprit que c’est l’histoire et la géographie qui font la sociologie des peuples

 

Le rôle de la femme

Le rôle de la femme dans le processus de maintien de la paix et de la cohésion au Sénégal n’est plus à prouver. Pour Sokhna Mai Mbacke Djamil chercheure associée de la Tumbuktu institute le rôle de la femme est primordial pour créer les passerelles de dialogue dans le but de maintenir la stabilité de ce pays est primordial.

 

Modèle développé par l’ONG partners à Guediawaye

Madame Adjaratou Waha Aidara Ndiaye, Directrice de Partners West Africa a partagé l’expérience de la mise en oeuvre du dialogue interreligieux à Guediawaye. Le but du programme est d’améliorer les relations entre les communautés et les forces de sécurité ainsi que leur capacité à identifier et à résoudre en synergie les défis sécuritaires locaux grâce à un processus de réforme inclusif et participatif.

 

Coexistence active

Dr Seydi Djamil Niane auteur du livre  Moi musulman je n’ai pas à me justifier,

résume la situation du monde par

Un  choc des cultures

Un choc des ignorances

Un choc de l’assimilation

Et seule la coexistence active qui est un modèle interactif dans lequel vivre ensemble dépend des différences. On peut retenir trois types d’actions prôner par les membres de de l’association sont :

Le dialogue

La Solidarité

La Sensibilisation

Au delà de ces approches consolidantes, les ateliers ont permis aux différents participants de faire des recommandations.

 

Recommandations

  • La “didactisation” des textes de nos saints hommes

Il est important de « didactiser  »  les textes de nos hommes religieux et de les adapter à la situation actuelle

  • Le rôle et la place des femmes

Les femmes doivent être impliquées dans le processus de prévention des extrémismes, car elles sont les mieux placées pour percevoir les changements.

  • L’éducation à la culture de la paix dans la famille
  •  Restaurer les mécanismes traditionnels d’éducation dans la famille
  • Intégrer le religieux dans les stratégies de lutte (rendre accessible la religion, la religion pour une meilleure compréhension)
  •  Organiser les femmes qui travaillent sur la question en réseau
  • Communiquer sur les enjeux de l’extrémisme
  • L’implication de l’Etat dans le renforcement de l’éducation

Dans ce monde où nous vivons une ère de la vulnérabilité générale, que Bakary Sambe traduit comme tel : arrogance des élites et ignorance de ceux qui se sentent victimes. Nous avons tous un devoir de relais et multiplicateur de message de paix et de dialogue. Ce dialogue doit être reproduit dans les communautés, les écoles, associations, etc. L’éducation est est un grand défi pour nos pays et il y a un besoin urgent d’investir dans ce domaine, car si cela n’est pas fait l’extrémisme trouvera un terrain fécond pour son développement. Ces paroles de Sa Sainteté le Pape François ont été rappelé :

Le dialogue est un devoir pour les chrétiens comme pour les autres communautés religieuses

Le dialogue demande une formation adéquate des uns et des autres, autrement dit le dialogue ne relève de la simple spontanéité, mais s’apprend à travers une éducation adéquate et une formation permanente.

Le dialogue interreligieux est une condition nécessaire pour la paix dans le monde.

 

Auteurs principaux

Twitter

gathara

nation.co.ke/news/Do… This is perhaps not the best way to make our roads safer @ntsa_kenya. pic.twitter.com/f1Zv…